| República de Cuba (es) | |||||
| République de Cuba (fr) | |||||
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Devise nationale : La patrie ou la mort, nous vaincrons (en espagnol : Patria o muerte, venceremos) |
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| Langue officielle | Espagnol | ||||
| Capitale | La Havane | ||||
| Plus grande ville | La Havane | ||||
| Forme de l’État | République | ||||
| - Président | Raúl Castro Ruz | ||||
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Superficie - Totale - Eau (%) |
Classé 103e 110 861 km2 Négligeable |
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Population - Totale (2010) - Densité |
Classé 73e 11 477 459 hab. 103,5 hab./km2 |
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Indépendance - Déclarée - Reconnue - Révolution cubaine |
De l'Espagne 10 octobre 1868 10 décembre 1898 1er janvier 1959 |
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| Gentilé | Cubain, cubaine | ||||
| PIB (nominal) (2009) | 110,8 milliards de $ ({{{PIB_rang}}}) | ||||
| IDH (2005) |
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| Monnaie |
Peso cubain (CUP) |
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| Fuseau horaire | UTC -5 | ||||
| Hymne national | La Bayamesa | ||||
| Domaine internet | .cu | ||||
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Indicatif téléphonique |
+53
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Cuba, en forme longue la République de Cuba, en espagnol República de Cuba, est un pays d'Amérique centrale formé de l'île de Cuba (la plus grande île des grandes Antilles), de l'île de la Jeunesse (appelée île aux Pins jusqu'en 1976) et de quelques autres petites îles. Il est situé, au nord des Antilles, à la confluence de la mer des Caraïbes, du golfe du Mexique et de l'océan Atlantique ; au sud de la côte est des États-Unis et des Bahamas ; à l'est du Mexique et à l'ouest des îles Turques et Caïques ; au nord des Îles Caïmans et de la Jamaïque. Derrière Hispaniola, Cuba est la deuxième île la plus peuplée des Caraïbes avec près de 11 500 000 habitants. Sa capitale est La Havane, sa langue officielle l'espagnol et deux monnaies y sont utilisées : le peso cubain et le peso cubain convertible. L'île a été une colonie espagnole de 1492 à 1898. Depuis 1959, Cuba est une république socialiste[1].
Étymologie
Selon plusieurs historiens, l'origine la plus sérieuse reste que le nom Cuba viendrait du mot Taino cubanacán signifiant « place centrale ». Contrairement à ce qui est affirmé parfois, Christophe Colomb n'a pas appelé l'île Juana en l'honneur de la fille des Rois Catholiques espagnols mais, selon Bartholomé de Las Casas, en l'honneur de leur fils, le prince Don Juan : « En 1492, Colomb a découvert Cuba lors de son premier voyage. L'Amiral de la Mer Océane, vice roi des terres qu'il vient de découvrir, nomme Juanna cette terre qu'il croit être une île rattachée au continent asiatique. Colomb l'a nommée ainsi en l'honneur de l'infant don Juan, fils d'Isabelle et Ferdinand, les Rois Catholiques, afin de les remercier. » Le 4 octobre 1497, le prince don Juan décède. On envisage, en Espagne, de renommer l'île.
Le premier document qui comporte le nom de Cuba est la carte de Juan de la Cosa, dessinée dans la première moitié de l'année 1500. L'île a aussi été appelée, ultérieurement, Fernandina, en l'honneur du roi Ferdinand, époux de la reine Isabelle de Castille. Après la mort du prince don Juan, Ferdinand d'Aragon a renommé l'île par un décret du 28 février 1515. Malgré le décret du roi Ferdinand l'île a conservé le nom de Cuba.
Histoire
Avant l'arrivée des conquistadors, Cuba était peuplée d'Amérindiens : les Siboney et les Tainos. Les Siboney étaient des chasseurs et des pêcheurs qui ont laissé de belles peintures rupestres - plus de 200 dans les grottes de Punta del Este sur la Isla de la Juventud. Les Taino vivaient de la culture et de la chasse et possédaient une forme primitive d'organisation sociale. L'Espagne conquit l'île au cours du XVIe siècle après la découverte de l'île par Christophe Colomb le 28 octobre 1492. La domination espagnole durera jusqu'à la signature du traité de Paris en 1898. Au cours de ces quatre siècles, de nouvelles villes verront le jour dont Santiago de Cuba (1514) et La Havane (1515). Malgré les efforts de Bartolomé de las Casas, la population indienne payera un lourd tribut : elle sera pratiquement décimée en quelques années. Déçus par la faible productivité des mines d'or, les conquistadors décident de faire de Cuba leur plaque tournante vers le continent et l'utilisent comme escale pour les navires chargés des richesses du Nouveau Monde à destination de l'Espagne. L'île se tourna donc vers de nouvelles activités : tabac (plus ou moins 300 millions de cigares par an ainsi qu'une bonne douzaine de milliards de cigarettes brunes ou blondes), café et canne à sucre (héritée de quatre siècles de colonisation espagnole et qui procure à Cuba le plus gros de ses ressources). Cette dernière activité nécessitant une main d'œuvre importante, il sera fait appel aux esclaves africains:l'agriculture et la pêche.
En 1763, il n'y avait pas plus de trente-deux mille esclaves dans toute l'île. La culture sucrière, sans être négligeable, était très loin du niveau des colonies françaises comme Saint-Domingue ou anglaises comme la Jamaïque. Après la longue guerre qui dure de 1791 à 1803 contre les esclaves noirs beaucoup de propriétaires blancs de Saint-Domingue fuient à Cuba où ils apportent capitaux et savoir-faire. De 1792 à 1860, on introduit à Cuba plus de sept cent vingt mille esclaves, plus qu'au cours des deux siècles précédents[2]. Ensuite, les planteurs francophones viennent grossir le flot des Réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique.
Même si, au XVIIe siècle, la population avait augmenté avec l'arrivée des colons espagnols et des esclaves africains, Cuba était encore, au début du XVIIIe siècle, une petite colonie. Pendant l'été 1762, la capitale fut conquise par les Anglais conduits par Georges Pocock et lord Albemarle. Ils allaient régner sur l'île pendant neuf mois. Aussi brève fût-elle, l'occupation anglaise modifia l'organisation économique et sociale de Cuba. Les restrictions commerciales imposées par l'Espagne furent abolies, marquant le début des échanges avec les colonies anglaises d'Amérique du Nord. Le trafic des esclaves s'intensifia pour fournir la main d'œuvre nécessaire dans les plantations. À l'issue du traité de Paris, signé en 1763, Cuba fut rendue à l'Espagne en échange de la Floride attribuée aux Britanniques.
Dans les régions plantées de palmiers royaux, trop accidentées pour les machines modernes, des brigades de travailleurs de provinces et de villes différentes et de toutes professions viennent encore couper la canne à la machette. Volontaires, nourris six fois par jour[réf. nécessaire], pouvant gagner cinq fois plus qu'un ouvrier ordinaire, ils ont droit à tous les égards. Juste retour des choses : au XVIIIe siècle, le châtiment le plus redouté par l'esclave urbain était d'être vendu aux planteurs de l'intérieur ; prisonniers du domaine, les Noirs ne recevaient ni argent ni éducation.
Rien ne doit se perdre. Une fois le précieux sirop extrait des cannes, les hommes jettent dans les chaudières les tiges pour fabriquer la vapeur qui fait tourner l'usine. Les résidus visqueux tombés au sol sont nettoyés au jet d'eau. Il semble que l'on ait cultivé dès 1523 la canne à Cuba où elle a trouvé les meilleures conditions de croissance : climat chaud, sols humides et, juste avant la coupe, une période sèche propice à la concentration du saccharose. En 1620, Cuba produisait 550 tonnes ; en 1987, plus de 7 millions. Les sacs de 50 kilos sont expédiés durant la guerre froide surtout vers les pays de l'Est mais également en Libye. Cuba est devenu le premier exportateur mondial de canne à sucre.
Alors que la traite était officiellement abolie, plus de 360 000 esclaves furent débarqués entre 1820 et 1860 au port de La Havane, qui comptait au début du siècle 40 000 Blancs et 30 000 esclaves. C'est en 1886 que fut entièrement supprimé l'esclavage[3], fondement de l'économie coloniale, source des richesses de toute l'aristocratie créole.
Les luttes pour l'indépendance remontent au milieu du XIXe siècle avec la guerre des dix ans qui débuta en 1868 ; Les États-Unis intervinrent dans la guerre d'indépendance cubaine qui avait fait 200 000 morts depuis 1895 (soit 1/8 de la population) pour aider les indépendantistes et occupèrent l'île de 1898 à 1902, puis de 1905 à 1909. Les États-Unis poursuivirent une ingérence marquée jusqu'en 1934 (révocation de l'« amendement Platt » et Politique de bon voisinage).
Fidel Castro prend la tête d'une armée rebelle en 1956 et renverse le dictateur Fulgencio Batista le 1er janvier 1959. Il dirige Cuba jusqu'au 31 juillet 2006 puis c'est son frère Raúl Castro Ruz qui, après avoir assuré l'intérim du pouvoir, est élu le 24 février 2008 président du Conseil d'État et du Conseil des ministres par l'Assemblée nationale. L'année 2009 marque le cinquantième anniversaire de la révolution, célébrée par des festivités à Santiago le 1er janvier.
Les États-Unis sont, en 1959, l'une des premières nations à reconnaître diplomatiquement le nouveau gouvernement, mais les rapports entre les deux pays se gâtent dès le mois de mai de la même année, lors de la nationalisation des avoirs étrangers (dont ceux de United Fruit Co) à Cuba.
Carte indiquant la baie des Cochons
Par la suite, du 17 au 19 avril 1961 eut lieu la fameuse tentative de débarquement à la baie des Cochons de 1 400 réfugiés, recrutés, payés et entraînés par la CIA américaine, qui se solda par un échec. Les États-Unis mirent alors en place un embargo économique en 1962, mais renoncèrent à toute invasion de Cuba aux termes d'un accord signé pour conclure l'affaire des missiles de Cuba. Le pays fut longtemps soutenu par l'URSS qui lui accordait une aide (4 à 6 milliards de dollars américain par an jusqu'en 1990) en échange de son alignement sur sa politique (envoi de forces cubaines dans plusieurs pays d'Afrique pour protéger des gouvernements communistes ou déstabiliser ceux du « camp adverse », soutien aux mouvements révolutionnaires d'Amérique latine). Cuba fait face à une grave crise économique depuis la disparition du « grand frère soviétique ».
Figures connues
Géographie
La République de Cuba est située entre la mer des Caraïbes et l'Atlantique Nord, au sud de la Floride et des Bahamas. C'est un archipel composé de l'île de Cuba, longue de 1 220 km (qui fait d'elle la plus grande île des Antilles), de l'île des Pins (île de la Jeunesse) et d'environ 1600 îlots. Géographiquement, elle se trouve à proximité du tropique du Cancer, à 77 km d'Haïti à l'est ; à 140 km de la Jamaïque, au sud-est ; à 180 km des États-Unis, au Nord-Est ; et à 210 km du Mexique, à l'ouest. La République comprend l'île entière ainsi que la Isla de la Juventud (Île de la Jeunesse), mais l'entrée de la baie de Guantanamo est occupée depuis 1898 (officiellement loué depuis 1903) par les États-Unis qui y ont installé une importante base navale (que les États-Unis maintiennent malgré l'opposition du gouvernement cubain).
Climat
Cuba est régulièrement frappée par des cyclones pendant l'été et l'automne. Le 8 juillet 2005, l'ouragan Dennis a fait 16 morts selon les autorités et provoqué d'importants dégâts. Plus d'un million et demi de personnes furent obligées d'évacuer. Avec des vents de 300 km/h, il est passé à la catégorie 4 de l'échelle de Saffir-Simpson qui compte 5 catégories. La saison cyclonique 2008 a beaucoup pesé sur l'économie cubaine, surtout l'agriculture et l'élevage : les destructions causées par les cyclones sont évaluées par le dirigeant Raul Castro à 10 milliards de dollars (7,9 milliards d'euros)[4]. 500 000 foyers ont été affectés, 156 000 hectares de canne à sucre ont été détruits et 500 000 ont été inondés[4].
Face à des situations de crises régulières que causent les ouragans, le peuple cubain et l'État ont acquis une certaine expérience et mis en place une logistique permettant de protéger les personnes et les biens des vents sauvages et des tsunamis assez fréquents dans l'île.
L'île située au sud du tropique du cancer jouit essentiellement d'un climat subtropical qui est presque partout rendu agréable par les alizés. La moyenne de température s'élève à 25,5 °C ou 78 °F. L'air ambiant est très humide[5]. La saison sèche va de novembre à avril. Le mois d'août est le plus pluvieux. Mais il ne pleut jamais plus de quarante-huit heures consécutives.
Provinces et villes
Le pays est divisé en 14 provinces : Holguín, Santiago de Cuba, Villa Clara, Granma, Pinar del Rio, La Havane, Matanzas, Guantanamo, Las Tunas, Sancti Spíritus, Ciego de Avilla, Cienfuegos et la Ciudad de La Habana, plus la municipalité spéciale Isla de la Juventud ou Isla de Pinos.
Les principales villes du pays sont :
Emigration
1,7 million de Cubains soit 15 % de la population totale[4] vivent à l'étranger (voir section 'Emigration'). Le comté de Miami-Dade est le principal foyer d'exilés[20] cubains dans le monde. En valeur absolue, l'émigration cubaine vers les États-Unis est la deuxième[21] ou la troisième[22] du continent américain derrière le Mexique et le Canada[23] mais la onzième en valeur relative, devant le Mexique en 1998 (taux d'émigration de 1,58 pour mille habitants pour Cuba contre 1,37 pour mille habitants pour le Mexique[24]), mais derrière lui sur la période 1991-1996.
Cuba est également connu pour sa médecine et son éducation gratuites[25]. Le peuple cubain jouit également d'une absence quasi-totale de chômage[26] : tout Cubain peut ainsi accéder à un foyer et une quantité de nourriture suffisante, bien que la population soit encore fort pénalisée dans le domaine des autres produits que ceux de première nécessité.
Forces armées
L'armée cubaine, appelée Forces Armées Révolutionnaires, a été très développée durant la guerre froide avec l'aide massive de l'URSS, ainsi l’armée cubaine compta 162 000 hommes en 1985. Elle est en forte régression depuis 1990, son effectif était de 105 000 militaires en 1995 et de 49 000 soldats en 2004.
En 2003, le budget de la défense était à 4 % du produit intérieur brut[27] et estimé à 380 millions de dollars[28].
Le gouvernement cubain s'appuie également sur plusieurs forces paramilitaires et milices tels la Ejercito Juvinil (armée des jeunes travailleurs), les Milicias de Tropas Territoriales (milices territoriales) et Comités de Defensa de la Revolucion (comités de défense de la révolution) sous contrôle du ministère de l'Intérieur[29].
Elle a été massivement engagée dans plusieurs pays d'Afrique dès les années 1960[30] et elle est fortement soupçonnée d'avoir utilisé des armes chimiques durant la guerre civile angolaise[31] ou elle à notamment participé à la bataille de Cuito Cuanavale.
Économie
Pont de Bacunayagua, le plus haut de Cuba
Population
Démographie
Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.
Principaux indicateurs démographiques(2004) [91]:
- Taux de natalité : 11 pour mille habitants
- Taux de mortalité : 7 pour mille habitants
- Taux de mortalité infantile : 6 pour mille[53]
- Espérance de vie des hommes : 75 ans
- Espérance de vie des femmes : 79 ans
- Taux d'alphabétisme des femmes : 99,7 % [92]
- Taux d'alphabétisme des hommes : 99,7 %[92]
- Indicateur de développement humain (2007) : 0,838 (51e place mondiale)[53]
La mortalité
La mortalité a fortement diminué entre 1950 et 2005 (- 3,9 points), mais elle a légèrement augmenté entre 1990 et 2005.
Le taux de mortalité infantile est passé de 80,6 pour mille naissances vivantes en 1950-1955 à 7,3 en 2000-2005[93].
L'espérance de vie s'est améliorée entre 1950 et 2005. Aujourd'hui, elle est de 78 ans à la naissance. Cuba est néanmoins dépassée en Amérique par les Antilles françaises, les Îles Vierges américaines, le Costa Rica, le Chili et le Canada dont l'espérance de vie dépasse 78 ans[94].
Évolution de quelques indicateurs démographiques[93]
| Années | Natalité[95] | Mortalité[95] | Espérance de vie moyenne[96] |
|---|---|---|---|
| 1950-1955 |
29,7 |
11,1 |
59,5 |
| 1960-1965 |
35,1 |
8,8 |
64,5 |
| 1970-1975 |
26,7 |
6,5 |
71 |
| 1980-1985 |
16,2 |
6,4 |
73,9 |
| 1990-1995 |
14,9 |
6,8 |
75,3 |
| 2000-2005 |
11,7 |
7,2 |
78 |
Émigration
Un des 1 700 bateaux de réfugiés arrivé en Floride lors de l'exode de Mariel en 1980.
L'émigration cubaine est essentiellement en direction des États-Unis. Elle a connu un premier pic dans la décennie suivant la révolution castriste : entre 1959 et 1964, 144 700 personnes émigrent légalement vers les États-Unis, puis 244 700 entre 1965 et 1974. L'exil des cubains se calme à la fin des années 1970, avant de repartir à la hausse en 1980. Cette année, 94 000 cubains émigrent officiellement aux États-Unis[97], et dans les faits, près de 125 000 vers la Floride lors de l'exode de Mariel ; parmi eux, de nombreux prisonniers de droit commun sont expulsés par le régime[85]. L'émigration cubaine est plus faible dans les années 1980 et repart à partir de 1990; entre 1990 et 1995, 142 000 Cubains sont partis de Cuba, la plupart vers les États-Unis ; entre 1994 et 2000, ce nombre s’est élevé à 210 000 personnes[98].
Aujourd'hui, deux millions de Cubains, soit 11 % de la population du pays, vivent à l'extérieur de l'île[99]. Selon Ricardo Alarcon, actuel président de l'Assemblée nationale cubaine, le nombre de Cubains ayant quitté l'île, non pas depuis 1959 mais depuis le début de l'histoire de l'émigration cubaine vers les États-Unis, dépasserait depuis 2004 le million de personnes[100]. Cependant, selon Sylvia Pedreza, professeur de sociologie à l'université du Michigan, les chiffres de l'US Census montrent que l'émigration légale entre 1959 et 2000 représente 828 577 cubains ayant quitté leur pays pour les États-Unis[97].
La communauté cubaine de l'agglomération de Miami compte environ 650 000 personnes en 2006 (y compris celles nées aux États-Unis)[101].
Société cubaine
D’après le recensement de 2002, 65 % des Cubains sont blancs, 10 % sont noirs et 25 % métis[3]. Selon un chercheur au Centre d'études des États-Unis (Esteban Morales), la discrimination des Noirs s’est accentuée à Cuba à partir des années 1990[3]. Il y a 19 % des parlementaires qui sont noirs et 5 membres du Bureau politique sur 24[102]. Les Afro-cubains sont victimes de racisme dans la capitale, en dépit des efforts du pouvoir pour l’éviter[103].
La crise que connaît Cuba depuis les années 1990 a entraîné une augmentation des inégalités sociales. Le salaire moyen mensuel d'un Cubain est actuellement de 15 dollars[104]. La population la plus pauvre a recours au recyclage et au système D car le salaire ne suffit plus. Le marché noir, lié au rationnement de la nourriture, la prostitution et la criminalité sont des phénomènes qui se développent dans l'île[104]. Le système repose en outre sur une corruption généralisée[105].
Éducation
Fidel Castro a, dès 1961, nationalisé les universités, et autres écoles, et les a rendues gratuites. Il n'y a pas de frais pour les étudiants. Cependant, avec les difficultés de 1990, l'éducation de qualité s'est montrée dure à appliquer.
Avant la révolution cubaine, le taux d'alphabétisation à Cuba, était déjà de 78 %[36], alors que la moyenne mondiale était de 44 %[106],[107]. Selon le PNUD, Cuba se situe au troisième rang mondial avec un taux d'alphabétisation de 99,8 % aujourd'hui[108]), à égalité avec l'Estonie et devant les États-Unis (93,3 %).
Pendant les années 1960-1980, les étudiants furent contraints de participer aux travaux agricoles (récolte de la canne à sucre), d'assister aux réunions syndicales et de partir en mission en Afrique[109]. Une partie de la matière grise formée dans les universités cubaines émigra pour échapper aux conditions de vie[109]. La moitié des médecins cubains étaient en mission à l'étranger[89].
La plus ancienne université du pays est celle de La Havane fondée en 1728. Parmi les autres établissements d'enseignement supérieur, on peut citer, par ordre d'importance, l'université de Santiago de Cuba, l'université de Santa Clara (Universidad Central de Las Villas ayant pour antennes l'université de Cienfuegos et des centres universitaires de Sancti Spiritus), l'université de Camagüey, l'université de Pinar del Río, l'université de Ciego de Ávila, l'université de Granma, l'université de Holguín, l'université de Matanzas et l'université catholique de Santo Tomás de Villanueva.
Mais le nombre d'universités a considérablement augmenté depuis 1959.
La médecine cubaine
Cuba avait à la veille de la Révolution des taux de mortalité infantile nettement inférieurs à ceux de la plupart des pays d'Amérique du sud et comparables à ceux de certains pays européens, ce qui peut indiquer que le système de santé cubain était déjà à cette date meilleur que celui de la plupart des pays d'Amérique du sud. Les taux de mortalité infantiles restent aujourd'hui très faibles par rapport à ceux des mêmes pays sud-américains, et le nombre de médecins pour 10 000 habitants est passé de 10 à 59 entre 1957 et 2002[110].
Beaucoup d'étrangers viennent se faire soigner à Cuba. Tous les hôpitaux ainsi que les traitements sont gratuits. Les Cubains sont aussi très avancés dans le domaine de la biotechnologie. Dès 1963, des médecins cubains ont été envoyés en Algérie, indépendante depuis peu[111]. 35 pays du Tiers-monde ont bénéficié de l'aide médicale (ainsi qu'éducative) de Cuba en 1979. Cuba offrit aux enfants victimes de la catastrophe de Tchernobyl des soins gratuits, dès 1990 ; au total, 20 000 Ukrainiens ont été traités[112]. Après le tremblement de terre du 8 octobre 2005 qui a ébranlé le Pakistan, de nombreux blessés furent soignés par les médecins cubains participant au secours internationaux[111].
Cuba a réussi à former plus de 78 000 médecins et à aider une centaine de pays. Cette coopération concerne actuellement 78 nations[113]. Les Nations unies ont salué la contribution de Cuba dans le domaine de la santé[114]; actuellement plus de 20 000 médecins cubains sont à l'étranger dans le cadre d'opérations d'aide au développement, particulièrement au Venezuela qui en accueille 14 000[111].
À Cuba, on trouve un médecin pour 166 habitants[93], contre un médecin pour 1385 habitants en 1970. En 1999, le gouvernement a créé l’École latino-américaine de médecine (Elam) qui accueille gratuitement 7'200 d’étudiants venus de 24 pays[111],[115].
L'industrie pharmaceutique cubaine est l'une des six au monde produisant une protéine nommée interferon (INF). Il produit aussi le facteur de croissance épidermique, utilisé dans des crèmes très efficace contre les brûlures; le vaccin contre l'hépatite B; le vaccin antiméningocique de type B, la streptokinase recombinante utilisée dans l'infarctus du myocarde et l'embolie pulmonaire, des modulateurs immunologiques, antihypertenseur, hypocholestérolémiant et médicaments anticancereux[116].
Les cubains peuvent depuis 2008 faire une opération afin de changer de sexe. Cette opération est gratuite comme tout le reste de la médecine cubaine[117].
Cependant, le journal britannique The Economist note en décembre 2008 que le pays est « encore une fois au bord de la faillite » et que, en particulier, le secteur médical est entré dans un déclin prononcé[118].
Le 5 juillet 2004, les dirigeants de Cuba et du Venezuela lancent un programme de coopération médicale qui porte le nom d'Operación Milagro ("Opération Miracle"). Ce programme consiste à proposer des soins ophtalmologiques gratuits pour les peuples d'Amérique du Sud, mais aussi du reste du monde. Rendre la vue à de nombreux aveugles est l'un des buts affichés. Selon les chiffres fournis par Cuba, à ce jour plus de 1 500 000 personnes issues de 35 pays ont bénéficié de l'opération[119].
Cent Québécois sont allés se faire soigner à Cuba en 2008[120].
Culture
Avant la Révolution cubaine, la capitale possédait 135 salles de cinéma dont la plupart ont été fermées : il n’en reste plus qu’une vingtaine dans cette ville de 2,2 millions d’habitants[121]. Ceci est toutefois assez proche de la situation d'autres villes d'Amérique du Nord comme Montréal qui ne possède plus que 45 cinéma pour une agglomération de plus de trois millions d'habitants. Après la prise de pouvoir de Fidel Castro, le nombre de titres de presse se réduit considérablement[122] ; en 1965 : il ne reste plus que deux journaux tous deux dépendants du Parti communiste : Granma et Juventud Rebelde[122].
Cuba est réputé notamment pour :
- ses cigares, notamment les Habanos et les Cohiba, cigares cubains de renommée mondiale.
- son rhum, surtout le Havana Club (dont le añejo, i.e. vieilli de 7 ans). Le rhum est une eau-de-vie brûlante obtenue par fermentation et distillation du jus de canne.
- sa musique cubaine a produit un grand nombre de genres musicaux dont le mambo et le cha-cha-cha, le son dont Buena Vista Social Club a permis la redécouverte, le boléro. Aujourd'hui elle s'exprime avant tout par la timba (proche de la salsa) et le reggaeton. Elle s'inspire aussi de la rumba congolaise, pour cause, la forte communauté originaire d'Afrique centrale (ex-Zaïre) depuis l'esclavage.
Des chansons comme Guajira Guantanamera, Hasta siempre, Quizás, quizás, quizás sont mondialement célèbres...
Genres par ordre chronologique : Conga | Punto guajiro | Guaracha | Tumba francesa | Contradanza | Rumba | Habanera | Trova | Changui | Danzón | Boléro | Son | Guajira | Mambo | Jazz afro-cubain | Filin | Cha-cha-cha | Pachanga | Nueva Trova | Songo | Timba
- les vieilles voitures américaines (classées dans le patrimoine cubain, c.-à-d. qu'on ne peut les acheter et les faire sortir de l'île)
- le révolutionnaire argentin Ernesto Guevara dit le « Che », aux côtés duquel Fidel Castro mena la révolution cubaine.
- la santeria, religion syncrétique d'origine africaine, très présente dans la société cubaine. Selon l'historienne et anthropologue María I. Faguaga, la majorité de la population tient compte des prophéties publiées chaque année dans la Lettre de l'année publiée par les babalaos, les prêtres de la santería[123].
- les Cubains sont peu équipés en matériel informatique (3,3 ordinateurs pour 100 habitants, c'est-à-dire l'un des taux les plus faibles du monde)[124]
| Date | Nom français | Nom local | Remarques |
|---|---|---|---|
| 1er janvier | Jour de la Libération | Día de la Liberación | |
| 26 juillet | 26 juillet 1953, attaque de la Moncada | Día de la Rebeldía Nacional | |
| 10 octobre | Le Cri de Yara |
De 1969 à 1998, le gouvernement avait supprimé le jour de Noël[125] |
Religion
Cathédrale San Cristobal à la Havane
La religion à Cuba reflète la diversité culturelle de l'île. D'après certains chercheurs, 85 % des Cubains croient en quelque chose, alors qu'ils ne sont que 15 % à pratiquer régulièrement une religion[126].
Après la révolution de 1959, Cuba est devenu un état officiellement athée et a limité la pratique religieuse. Le régime expulsa ou incarcéra plusieurs centaines d'ecclésiastiques[126]. Le nouveau gouvernement persécuta les pratiquants de la Santeria et les tint à l'écart du Parti communiste[102]. Depuis les années 1990, les religions connaissent un regain de vitalité dans l'île[126]. La crise provoquée par l'effondrement du bloc soviétique poussa de nombreux pauvres à se tourner vers la charité des églises. En 1992, Fidel Castro renonça officiellement à l'athéisme d'État[127]. De 1969 à 1998, le gouvernement avait supprimé Noël des jours fériés[128]. En janvier 1998, le pape Jean-Paul II a effectué une visite historique sur l'île, invité par le gouvernement cubain et l'Église catholique. Le régime a assoupli ses positions contre la religion puisqu'il est désormais possible pour les catholiques de devenir membres du PCC et de montrer publiquement des symboles religieux[129]. Cependant, un Bureau des Affaires religieuses, qui dépend du PCC, surveille toujours les activités des Églises qui doivent obtenir la reconnaissance des autorités[127].
Cuba est traditionnellement un pays catholique. Parfois le catholicisme est très influencé par le syncrétisme. Une croyance syncrétique commune est la Santería, qui est originaire de Cuba. 60 % de la population a reçu le baptême mais seuls 1,5 % sont des catholiques pratiquants[126]. L'Église catholique romaine est composée de la conférence des évêques catholiques cubains (COCC), menée par Jaime Lucas Ortega y Alamino, cardinal et archevêque de La Havane. Elle est formée de onze diocèses, 56 ordres de nonnes et 24 ordres de prêtres.
Selon une étude du Centre de Recherches Psychologiques et Sociologiques, Cuba compterait un demi million de protestants sur une population totale de 11,2 millions de personnes. On recenserait par ailleurs 90 000 Témoins de Jéhovah, cinq synagogues pour environ 1 500 Juifs[126]. Plusieurs centaines de milliers de Cubains pratiquent des cultes afrocubains[126], qui connaissent un succès important. Parmi les rituels venus d'Afrique, la Santeria, est la plus répandue. Parmi les autres cultes africains pratiqués à Cuba figure le Palo Monte, pour lequel on utilise des herbes et autres éléments naturels à des fins magiques, ainsi que l'Abakua, qui est plus qu'une société secrète de secours mutuel réservée aux hommes.
Education, sciences et santé
Les dépenses publiques de santé s'établissaient en 2004 à 5,5 % du PIB, les dépenses publiques d'enseignement à 9 % du PIB (2002-2005). Cuba se trouve à la cinquième place selon le classement du PNUD en Amérique latine et à la cinquante-et-unième place dans le monde pour l'indice de développement humain[130].
Codes
Cuba a pour codes :
- C, selon la liste des codes internationaux des plaques minéralogiques,
- CU, selon la liste des codes pays utilisés par l'OTAN, code alpha-2,
- CU, selon la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), code alpha-2,
- .cu, selon la liste des Internet TLD (Top level domain),
- CUB, selon la norme ISO 3166-1 alpha-3 (liste des codes pays),
- CUB, selon la liste des codes pays du CIO,
- CUB, selon la liste des codes pays utilisés par l'OTAN, alpha-3,
- CUT, selon la liste des préfixes OACI d'immatriculation des aéronefs,
- MU, selon la liste des préfixes des codes OACI des aéroports.

